STOP
AUX VIOLENCES SEXUELLES CONTRE LES ENFANTS



STOP
AUX VIOLENCES SEXUELLES CONTRE LES ENFANTS


La campagne

« Stop aux violences sexuelles contre les enfants » est une campagne d’ECPAT Luxembourg et du KJT sur la thématique du Matériel d’Abus Sexuel d’Enfants, Child Sexual Abuse Material (CSAM) en anglais, une forme de violence sexuelle qui connaît ces dernières années une hausse importante et très inquiétante de sa présence sur Internet.

Cette hausse est non seulement constatée au Luxembourg, mais aussi au niveau européen et mondial. Au niveau mondial par exemple, les experts du National Center for Missing and Exploited Children (NCMEC) ainsi que de l’Internet Watch Foundation (IWF) ont constaté des hausses de signalement de ce matériel illégal de presque 28% (NCMEC) et de 16% (IWF) par rapport à l’année 2019.  Au Luxembourg, pendant cette même période, cette hausse de signalements d’URLs à la BEE SECURE Stopline s’élevait à 32,3%. Lors du premier confinement dû au COVID en printemps 2020, Europol a également enregistré une hausse d’environ 30% de la consultation de matériel d’abus sexuel dans les Etats Membres de l’UE.

L’objectif principal de la campagne est de sensibiliser le Luxembourg sur la nature du Matériel d’Abus Sexuel d’Enfant (CSAM), l’importance de la bonne utilisation des termes, les moyens de signalements de ce matériel illégal, ainsi que le fait que ce sont des violences sexuelles contre les enfants, un crime qui nécessite une prévention efficace et des conséquences appropriées.

Si vous vous sentez concerné ou désirez parler à quelqu’un de manière anonyme et confidentielle, vous pouvez contacter la BEE SECURE Helpline : 8002 1234

CSAM


 

 

Qu’est-ce qu’on entend par CSAM ?

« CSAM » est une abréviation du terme anglais : Child Sexual Abuse Material, en français « Matériel d’Abus Sexuels d’Enfants » couramment employé dans le milieu professionnel, par des organismes comme Interpol et Europol. Le terme CSAM remplace les tournures erronées comme « pédopornographie » et « pornographie enfantine ».

 

Pourquoi le terme CSAM ?

Le terme « matériel d’abus sexuels d’enfants » ou son abréviation anglaise « CSAM » définissent de manière plus appropriée la gravité et la nature même du contenu, y compris toutes ses formes différentes. En fait, ce contenu peut se présenter sous différentes formes : formes visuelles (comme des vidéos ou des images), mais aussi des fichiers audio, des récits écrits ou toute autre forme d’enregistrement. Les images classées comme illégales incluent aussi les représentations réalistes d’enfants, comme par exemple des animations dans lesquelles la nudité est exposée, ou tout autre représentation à caractère sexuel.

Le terme CSAM permet aussi d’écarter les conceptions fausses qu’un tel acte de violence sexuelle puisse se dérouler avec le consentement de l’enfant, sachant qu’un enfant ne peut jamais consentir à un abus sexuel. Le CSAM représente des violences sexuelles contre un enfant, qui est une victime, et non pas un participant.

Pourquoi les mots sont-ils si importants ?

Utiliser les bons termes est important parce que ce sont les mots qui affectent notre façon de comprendre le monde, de conceptualiser les problèmes, d’accorder la priorité à certaines problématiques, et d’élaborer des solutions. Afin d’utiliser un langage approprié dans le domaine de la violence sexuelle contre les enfants, il est donc primordial que les termes utilisés ne soient pas stigmatisants et ne transforment pas les victimes en coupables. Les termes « pédopornographie » ou « pornographie enfantine » quant à eux sont critiqués, car ils sont extrêmement préjudiciables et stigmatisants pour l’enfant.

Pourquoi est-ce qu’il ne faut pas utiliser le terme « pédopornographie » ?

Pour comprendre pourquoi il ne faut pas utiliser ce terme, il faut d’abord clarifier ce qu’on entend par « pornographie » et « enfant ».

  • La pornographie est un acte consensuel entre adultes ou acteurs payés. La consommation de pornographie par des personnes adultes est légale et tolérée.
  • Un enfant est toute personne de moins de 18 ans.

Le problème avec les termes « pédopornographie » et « pornographie enfantine » est qu’ils suggèrent que les actes sont réalisés avec le consentement de l’enfant, et qu’il s’agit d’une forme de pornographie comme une autre. Par conséquent, l’association des termes « pornographie » et « enfant » diminue la gravité, rend trivial, voire légitime, ce qui constitue en réalité des violences sexuelles contre un enfant.

La pédopornographie n’existe tout simplement pas, parce qu’il s’agit en réalité de matériel ou de contenu qui représente des violences sexuelles et ainsi des abus sexuels contre un enfant. La nature de ce contenu est alors très grave et même criminelle. C’est pourquoi le message de notre vidéo sur la sémantique dit que la violence sexuelle sur enfant est un crime et doit être nommée ainsi.

Et au-delà ?

Pour assurer une communication claire et efficace, il est important de s’accorder sur les termes utilisés et qu’ils soient compris et acceptés de tous. Utiliser les bons termes assure aussi un plaidoyer, des politiques et des lois plus fortes et cohérentes qui protègent les enfants.

SIGNALER

Publication de la vidéo sur le signalement le 18.10.2021!

Contexte
global

Le CSAM est un crime transfrontalier. Ceci veut dire que ce crime ne connait pas de frontières et se déroule au niveau global. Il suffit d’avoir accès à Internet pour consulter, télécharger ou partager ce matériel illégal. Les agresseurs n’ont même plus besoin d’être au même endroit que leurs victimes pour leur faire subir des violences sexuelles. A l’heure actuelle, le CSAM étant aussi facilement accessible, avec des agresseurs et victimes provenant du monde entier, nous avons une responsabilité globale de protéger les enfants contre ces crimes et violences sexuelles.

 

est-ce que tout ce matériel est stocké ?

Depuis quelques années, l’Union européenne compte parmi l’hébergeur le plus important de CSAM dans le monde. En 2018, 80% des URLS repérés contenant du CSAM étaient hébergés en Europe. En 2019, ce chiffre a augmenté jusqu’à près de 90%.  (IWF/ EPRS)

Le Luxembourg n’est pas à l’écart de cette problématique. D’après le rapport annuel 2020 de la Internet Watch Foundation (IWF), le pays figure dans le top 10 des pays qui hébergent du CSAM. Plus précisément, le Grand-Duché est le sixième pays hébergeant de tel matériel parmi les URL analysés par le IWF en 2020, et contribue ainsi à assurer la continuité de ce crime.

Tendances récentes

Avec l’évolution de la technologie et la progression du numérique dans les pays Sud, de plus en plus de posibilités s’ouvrent aux abuseurs d’enfants.

Streaming en direct d’abus sexuels d’enfants

Le streaming en direct d’abus sexuels d’enfants veut dire que l’abus est retransmis en temps réel au spectateur, qui peut le regarder et même y participer. Ces abus sont prémédités à l’avance, selon un calendrier précis. On retrouve par exemple des entreprises qui ont pour seul but de s’enrichir en ligne avec cette forme d’exploitation sexuelle d’enfants. Le streaming pose un des défis majeurs aux forces de l’ordre, comme il ne laisse aucune trace sur l’appareil du spectateur, sauf s’il est délibérément enregistré.

Les agresseurs de cette forme d’exploitation sexuelle sont majoritairement des occidentaux, provenant de l’Europe ou des Etats-Unis, et les victimes sont surtout situées dans les pays d’Asie du Sud-Est, notamment aux Philippines. Les agresseurs profitent de leur pouvoir socio-économique élevé par rapport à leurs victimes. Ils ciblent des régions du monde au  niveau de pauvreté élevé et qui ne disposent que de très peu de mesures de protection de l’enfance.

Cependant, cette forme d’exploitation sexuelle des enfants existe aussi en Europe. Au sein de l’UE, une vaste opération d’Europol a permis de découvrir des niveaux importants de diffusion en direct en Roumanie. Les abus ne se déroulent pas seulement sur le dark web caché : selon des rapports de police, en 2019, Skype était la plateforme la plus courante au monde pour les abus sexuels d’enfants diffusés en direct.

Souvent, les enfants sont forcés par des membres de leur famille à accomplir des actes sexuels devant la caméra, comme le montre l’étude de la Mission de justice internationale (MJI) sur le phénomène. En fait, tout espace privé disposant d’une connexion Internet peut devenir une scène de crime.

thodes de payement alternatives

L’utilisation de méthodes de paiement alternatives, comme le bitcoin, est une tendance connexe, signalée par Europol. Cette approche augmente le degré d’anonymat des abuseurs et simplifie l’expansion des abus sur demande.

Ainsi, l’émergence d’un nouveau type d’abuseurs a été observé, comme par exemple en Thaïlande. Ce sont des personnes qui abusent et exploitent sexuellement les enfants pour des raisons économiques, c’est-à-dire se faire de l’argent. Europol souligne dans son rapport de l’année 2020, qu’il s’agit d’une des menaces actuelles principales.

L’effet COVID

La crise sanitaire et les mesures prises pour la contrer ont contribué à augmenter l’ampleur du problème du CSAM. Les restrictions de voyage, les empêchant de se déplacer pour commettre leurs crimes,  ont poussé les agresseurs à basculer davantage vers le numérique et à avoir recours à l’échange de CSAM en ligne. Europol a également constaté une augmentation de la demande des retransmissions en direct d’abus sexuels d’enfants de communautés vulnérables.

La situation inédite des confinements lors de laquelle les adultes et les enfants ont passé davantage de temps en ligne a également été perçue par des prédateurs sexuels comme une opportunité de contacter et extorquer des enfants qui se trouvaient sans surveillance à leur domicile, comme l’ont montré des échanges de messageries en ligne, analysés par le National Center for Missing and Exploited Children (NCMEC).

Selon des estimations de l’UNICEF, plus de 150 millions d’enfants et leurs familles risquent de se retrouver dans des situations économiques précaires à cause de la crise sanitaire. C’est également un facteur qui peut contribuer à rendre les enfants plus vulnérables à devenir victimes d’exploitation sexuelle.

Recommandations

Publication de la troisième vidéo : 18.11.2021!

QUI SOMMES NOUS?

Deux organisations qui œuvrent pour la protection des enfants ont initié cette campagne de sensibilisation sur le matériel d’abus sexuel d’enfants : 

ECPAT Luxembourg, une ONG luxembourgeoise qui a pour mission de lutter contre toutes les formes d’exploitation sexuelle des enfants dans le monde.

KJT, un service d’écoute pour enfants qui gère la BEE SECURE Stopline, site de signalement pour tout matériel illégal.

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